Je serre le blog dans mes bras comme lors de retrouvailles. Je suis très tactile, j'aurais presque envie de l'embrasser tellement il m'a manqué. Et vous aussi chers lecteurs. Merci à tous ceux qui m'ont soutenue. L'été a été interminable, studieux et fastidieux, il m'a fallu aller puiser dans des souffrances restées muettes afin d'avoir la matière suffisante à la rédaction de mon mémoire de maîtrise. Ce n'était pas une mince affaire, je peux vous le dire maintenant. J'ai tellement donné de moi-même que je pense m'être égarée en chemin. Le résultat compte peu, que je réussisse ou pas, j'aurais été au bout de l'exercice, même si la fin paraît bâclée.
Le drame de ma semaine : une lettre fantôme. En fait, je n'ai aucune excuse, j'étais épuisée, du coup je n'ai pas fait attention en rédigeant mon titre de mémoire. Bilan, il manque une lettre dans mon titre. Pourtant je l'ai lu et relu et re-relu mais je ne l'ai pas vu. Y'a qu'à moi que ça arrive ce genre de choses. C'est zazement la loose.
Depuis le début de la semaine je ne dors plus. Quand je ferme les yeux pour me détendre, je ne fais que des cauchemars. Je me réveille ensuite sonnée par les images, les flashes qui se sont succédés pendant les quelques heures que j'ai passé allongée. C'est étrange, comme si mes spectres continuaient à me hanter. Dur de s'extraire du royaume des ombres, surtout quand on y a passé autant de temps.
Pour être tout à fait sincère, au risque de passer encore une fois pour une nana négative et bornée, la rentrée s'annonce déplorable. Pas de boulot, pas d'argent, pas d'avenir, pas de sortie de crise, pas de boy friend, pas de vacances, pas moyens de finir mes études l'esprit tranquille, quelques vagues projets et des ressources énergétiques au plus bas niveau. Low battery. Zaz ne se plaint pas, elle constate, une fois encore, que la chance n'est pas de son côté et que rien ne lui est épargné, surtout pas une pauvre faute d'inattention dans son titre de mémoire ou l'ombre d'un tout petit espoir.
Tout gérer, prendre sans cesse dans la tronche et malgré tout continuer de se battre, encore et encore, je ne suis pas contre. Mais serait-il possible qu'à mon tour, je puisse profiter d'un peu de repos bien mérité ?
Mon père nous a quitté il y a tout juste un an. C'était tellement fulgurant cette année que je n'ai même pas pu prendre le temps de faire convenablement mon deuil. Tout est allé si vite. Je ne me suis rendue compte de rien. Zazement dans sa bulle. Incapable d'écouter les autres, je ne vois que ma petite personne. Je ne pense qu'à moi, je dis je en permanence. Ce n'est pas faute d'avoir envie de dire nous, pour cela il faudrait que je sorte un peu, que je communique avec la gente masculine mais je ne sais plus comment on fait. D'une maladresse redoutable, je tombe dans les cratères creusés par la langue des beaux-parleurs et inévitablement je me casse les dents. Finie la romance.
Alors puisque tout concourt à ne me laisser aucun espoir potentiel pour la suite des évènements, je vais écrire une pièce de théâtre. Le peu d'énergie qui me reste nourrira la création d'un projet d'écriture. J'en ai marre de m'éparpiller pour le bien de tout le monde, je vais enfin faire quelque chose pour moi.
Je n'ai pas les moyens de finir mes études, entravée au seuil de la réussite, qu'importe je serais dramaturge malgré le diplôme. J'en ai marre de gérer ce qui manque, je veux maitriser ce qui est.
Adieu le mode bitch, la gentille et douce Zaz, envolés les projets et attentes bidons qui jalonnent mes sentiers, le chemin n'est pas tracé alors je creuserai les sillons de mes propres mains. C'est une période délicate, sans répit, sans espoir, sans retour ni amour, c'est un moment dur comme tous ceux qui m'ont été donnés de vivre depuis trois ans, sans pitié ni bonheur : la seule chose à faire est de ne rien faire. Je démissionne de mes propres soucis et je décide de vivre ce que j'aurais choisi de vivre, pas ce que la vie une fois de plus m'aura imposé.
Ouais, je sais ce que vous vous dites : qu'est-ce qui lui prend ? Qu'est-ce qu'elle a encore?
Rien, je ne suis ni heureuse ni malheureuse, je ne me plains de rien, j'ai tout ce qu'il me faut. Simplement, mon coeur s'est durci cette année, il a pris pas mal de coups, de chocs et de ralentissements donc il est logique pour moi de le mettre en soins intensifs pour le surveiller. Je n'ai pas grand chose à raconter, j'ai passé l'été à travailler douze à quatorze heures par jour, avec comme seules perspectives mon écran d'ordinateur, sept heures par jour le chantier dans ma rue, une chaleur à crever quand on vit sous les toits et des spectres comme compagnie… ça fait rêver. Et pourtant c'est ma carte postale.
” Chers vous,
Les vacances se passent bien, nous sommes allés faire des courses et le pot d'échappement de la voiture nous a lâché… le chantier est tellement bruyant que nous dormons avec des bouchons d'oreilles, la plage est belle en photo numérique sur le fond d'écran de l'ordinateur… heureusement nous avons de la bonne musique qui vient briser le silence terrible des soirées estivales trop longues. De magnifiques barbecues sont venus ponctuer la saison dans le jardin, les voisins avaient l'air d'en profiter. Tout va bien, notre peau a gardé son teint hivernal et nous rentrons dans quinze jours.
Pleins de bisous doux du 23, où il fait toujours bon de rester enfermé malgré le temps superbe dessiner tout l'été par le soleil.
Zaz, qui vous aime.“
Oui, je suis dingue mais je l'assume. La faute aux fantômes.