Vanités

aoutseptembreoct2010518.jpg J’ai le trac, des bulles dans le ventre comme une gamine de sept ans qui participerait à son premier spectacle de danse. Voilà neuf mois que je n’ai pas écrit une ligne du côté de chez moi, c’est comme si tout était figé dans le formol depuis trop longtemps. Pourtant des passages à vide il y en a eut : coup de blues, impossibilité d’écrire par manque de temps et légère crise existentielle ; cela dit rien de comparable aujourd’hui. Neuf mois et pas un soupçon de moi. Comme le temps peut paraître long à certains et furtif à d’autres. Quelques mois ont passé donc, la blogothérapie s’est suspendue et je me demande encore comment revenir après ce break silencieux. Par quoi (re)commencer ? Évidemment par le début : quel chaleureux plaisir de vous retrouver chers lecteurs ! Zazement de retour du côté de chez elle, Zaza est prête à revenir sur le devant de la scène. Tout à trac…

D’aussi loin que remonte mon souvenir, je suis capable de situer l’expression de mon premier désir de devenir auteure. Les mots sont des compagnons peu ordinaires pour une petite fille rêveuse et enthousiaste. « Un jour, j’écrirai des livres », disait-elle avec une fougue peu commune pour son âge. Et pourtant, dès le départ, la petite montrait sans le vouloir des prédispositions pour l’orthographe et le vocabulaire ; son doux plaisir s’était installé comme une habitude le week-end lorsque son père piochait des mots dans le journal afin de les lui faire épeler. Elle adorait ça, surtout parce qu’elle pouvait sauter sur le lit de ses parents sans se faire disputer. Un lien fort s’est très rapidement établi entre la langue et cette petite fille espiègle et tonique, que j’étais alors. Un lien jamais brisé.

Aujourd’hui, mon projet d’écriture est clair, deux espaces de création sont à ma portée : Du côté de chez Zaza est le terrain propice à l’accueil de mes chroniques en tous genres, quotidiennes, humoristiques, théâtrales et chics. Ici réside les pensées et tracas de Mlle Zaza. Le second espace est plus vaste encore puisqu’il me permet de tenter une approche plus académique mais critique des formes d’écriture théâtrales contemporaines. Autrement dit, je suis dramaturge et je m’essaie en toute humilité à l’écriture du théâtre. Un plaisir supplémentaire dans le doux maniement de la langue française. Dramaturge cherche metteur en scène pour collaboration artistique vivante.

Depuis la fin de l’été 2010, Zaz est diplômée d’un Master en études théâtrales qu’elle aura mis deux ans à décrocher. Une lutte universitaire et un combat personnel honorés jusqu’au bout. Aucun regret que du bonheur. En allant chercher mon diplôme à la rentrée de septembre, je n’ai pu m’empêcher de regarder en arrière, juste pour me rendre compte du chemin parcouru. Elle est loin la petite vendeuse en parapharmacie qui bossait dans le Faubourg St Antoine à Paris, et qui n’avait d’autres perspectives que ses crèmes solaires qu’elle n’utiliserait jamais sur la même plage que ses clientes. Elle est loin la mauvaise élève, incapable d’obtenir son bac comme les autres, aigrie et rebelle, qui croyait tout savoir mieux que le reste du monde. Son chemin de croix terminé, elle peut enfin dire qu’elle l’a fait et qu’elle en tire tout de même un peu de fierté et de satisfaction. Le théâtre est définitivement mon credo.

Les rêves ont la peau dure, heureusement car il faut absolument m’armer de patience, de passion et de persévérance. La règle des trois P : non pas que je voudrais être à l’origine d’un courant spirituel qui indiquerait la marche à suivre en cas de démotivation, cependant il est réconfortant de pouvoir se remémorer cette règle personnelle en temps d’incertitude et de crainte. Je ne peux nier, ni même abandonner la part de moi qui me pousse à créer, penser et m’enthousiasmer lorsque l’art est au centre de ce que je vis. Je ne veux pas étouffer dans sa coquille les songes aventureux et les ambitions tenaces que je nourris depuis tant d’années en matière de spectacle vivant. Je me sens faite pour ça, il m’est très difficile de fonctionner et de vivre sans cela ; je souhaite y consacrer mon existence entière, alors je m’accroche fermement.

Afin de financer mes études j’ai été surveillante dans un lycée. Quelques textes du blog nous rappellent comme je pouvais être malheureuse et maltraitée à cette époque par certains camarades et collègues de travail. Zazement en mode souffre-douleur. Ces temps sont révolus, j’enseigne maintenant : je m’occupe de jeunes esprits, je leur apprends le français -j’essaie du moins. Une expérience quotidienne riche de personnalités, de curiosités et d’échanges ; un retour explorateur et distancié au royaume du pré-ado. Disons que ça forge clairement le caractère, renforce le savoir et m’assure un confortable niveau de vie ; bizarrement, j’ai parfois la désagréable sensation de m’éloigner chaque jour davantage de mes préoccupations artistiques. Le temps passé à enseigner et transmettre est précieux, presque intouchable, c’est fou comme ça me plait. Aussi vrai que le théâtre représente toute ma vie.

Et puis, il y a cette force en moi, ardente, scintillante et attractive. Cette volonté inébranlable d’aller au bout des choses, de croire en ses rêves, d’avoir foi en soi-même ; elle est ce que j’ai de plus chère. Jamais insolente, c’est une lumière qui inspire les autres, même si tous n’y sont pas réceptifs, une énergie positive et bienveillante qui me guide au quotidien. Récemment, j’ai réalisé que cette force intérieure avait de réels effets sur mes proches.
Si je poussais l’analyse jusqu’à m’allonger totalement sur le divan, j’ajouterais ceci : la blogothérapie aura duré quatre ans, arrivée à ce stade de l’introspection je crois simplement avoir fait un rejet. Tentative concluante de prendre de la distance par rapport à la relation entretenue depuis lors avec mon blog. J’ai coupé le cordon électrombilical, j’ai laissé cette force me guider pour avancer, le temps pour moi de prendre en main ce qui trop souvent ici, a fait les grands sujets de mes tirades mélodramatiques. J’ai vécu davantage d’expériences, répondu à certaines des questions que je me posais, si bien que j’avais presque oublié que je pouvais tout confier -pour ne pas dire confesser- à mon journal extime. A présent, j’espère simplement que ceci signe mon retour du côté de chez moi, un changement de cap annoncé. Pour moi, une nouvelle page se tourne et s’écrit désormais ici.

 



Bye Bye OrlinZ

mai2010fourne3045.jpg Voici que je viens d’achevé ma dernière semaine dans cette chaleureuse ville d’Orléans. Je viens de passer six mois extraordinaires : enthousiaste, j’ai beaucoup appris pendant ces quelques semaines passées loin de Poitiers. Une vraie bouffée d’air. Timide le premier jour, je restais du côté de l’observation, j’aidais lorsque je le pouvais et les initiatives ne sont venues que plus tard. Le Théâtre m’aurait volontiers engagée si un poste s’était libéré, malheureusement ce n’est pas le cas. Je suis appelée à d’autres missions ailleurs. Voilà pourquoi je termine en juin, une saison riche de rencontres, de travail, d’opportunités et de déplacements, je me suis totalement éclatée à Orléans. Il faut dire que le cadre le permettait : pour toute la durée de mon séjour, j’ai pris mes quartiers de printemps dans la superbe maison des artistes du CDN d’Orléans, petite résidence bourgeoise dans un quartier tranquille du centre-ville, j’ai profité du grand jardin, de l’éveil de la nature, des fleurs et des fruits mûres tombés des arbres. J’occupais le deuxième étage de la maison, les combles ont été mon antre pendant plusieurs mois ; quelques artistes sont venus ponctuer de leur passage mon quotidien de châtelaine du bourg orléanais. J’ai eu la chance d’être gracieusement invitée à vivre dans cette maison par le Théâtre qui m’aura accueillie de manière exceptionnelle. A ce titre, l’équipe reçoit toute ma gratitude.

Ma mission consistait à cultiver la polyvalence : j’ai passé plusieurs jours à constituer des archives, modifier des dossiers de presse, actualisé les informations des sites, créé des pages ; à côté de tout ce travail logistique, j’avais en charge l’organisation et la gestion du comité de lecture du CDN, ainsi qu’un rôle dans le suivi des relations avec le public en toute circonstance (avant/pendant/après spectacle). Ce que j’ai préféré c’est m’occuper des artistes, manager sans avoir l’air de le faire. Punaise ! je me sentais dans mon élément. Mes tâches étaient variées, j’étais multifonction, capable de m’adapter à toutes les situations. J’ai appris avec le temps à mentir avec sincérité, ceci dit je ne l’ai pas forcément appliqué lors de  toutes mes rencontres professionnelles. Certaines ont marqué mon existence de passage dans le Loiret/Centre. Sir du Lac par exemple, était le conteur de la maison : un soir autour d’un thé, il m’a raconté l’obscure histoire de l’enfant-rat qui vit dans le sous-sol de la maison, qui peint de gigantesques fresques murales à la craie et qui frappe sur les tuyaux de la chaudière pour que quelqu’un descende jouer avec lui. Cette merveilleuse anecdote a alimenté mes pires psychoses nocturnes lorsque je me trouvais seule dans la grande demeure. Et elle me poursuivra jusqu’à ma dernière nuit au numéro 13.

Mercredi soir, nous avons marqué le coup avec quelques coupettes de Vouvray, un apéro dinatoire zazement préparé pour toute l’équipe, je souhaitais les remercier de m’avoir fait une place de choix parmi elles, d’avoir pris soin de moi et de m’avoir appris autant en si peu de temps. Le CDN d’Orléans m’a offert un joli bouquet de fleurs, un abonnement à l’intégralité des spectacles de la saison prochaine et une magnifique carte sur laquelle chacun a déposé un petit mot.

Il pleut depuis quinze jours, à croire que le Loiret n’est pas prêt à me laisser partir. J’ai le coeur qui se serre lorsque je pense à Orléans, mon aventure était limitée dans le temps, je le savais dès le départ, mais ce que j’ignorais c’est que j’allais autant m’attacher au lieu théâtre, au bureau, à la ville et à ses habitants. J’ai laissé des traces : des petits mots pour chacun disséminer dans tous les coins du CDN, du rose, du bleu, du jaune, des poèmes et des sourires.
La semaine prend doucement fin, j’entame mes derniers trajets à pieds de la maison au théâtre et du théâtre à la maison, le soir je sors en ville, je me fonds dans la liesse jazzy et chaleureuse d’Orléans.
Vendredi soir, c’est une dernière soirée qui m’attend du côté de la rue de Bourgogne… Mon coeur se serre encore, quelle chance d’avoir été là, d’avoir fait partie de l’équipe, d’être nourrie d’autant de rencontres et d’en être sortie épanouie ; je n’oublierai pas cette parenthèse, cette fin d’études en forme d’apothéose.

Elle va me manquer la rue Henri Lavedan, les odeurs de boulangerie le matin sur le trajet, mon bureau au CDN, l’ambiance et la cohésion de l’équipe, le travail, Anne (la courageuse) à l’accueil du théâtre, Gillou et ses minutes « instant de danse contemporaine », les ouvreurs et leurs costumes impeccables, les techniciens qui font un boulot remarquable, « ils envoient le bois ces gars-là! », la Loire et ses berges infinies, les minuscules rues de la ville, être invitée à voir des spectacles, l’agitation de la rue de Bourgogne, le tintement des cloches de la Cathédrale, le salon de thé Autour de la Terre, les caissières du Carrefour City, Jeanne, le jazz, le jardin de la maison des artistes, le Théâtre et ses magnifiques salles de spectacle, la gare, le numéro 45, la pluie incessante made in Loiret, les gentillesses de Catherine, mes quatre amants orléanais, les pivoines du jardin, le chant des oiseaux le matin, mon velux, la tapisserie de la chambre, la baignoire du second étage dans laquelle j’aurais barboté plus d’une fois… 

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To R.

jefaerosol.jpg Ce n’est pas faute de t’avoir relancé un certain nombre de fois, là, j’ai très envie de te parler, de te savoir bien, d’avoir de tes nouvelles. Mais je sais aussi que tu n’en donneras pas. Je le sens, je sens que c’est terminé, que tu as tiré un trait sur Zaz et qu’au plus profond de mon coeur, tu es déjà en train de t’effacer. Je ne le veux pas. Reste, reviens-moi.
J’ai beaucoup appris à ton contact, je me suis ouverte à des choses, des courants, des idées qui ne m’avaient encore jamais traversés ; si j’ai maintenu mon blog ces derniers mois, c’est en partie pour toi, pour ne pas voir disparaitre cette fenêtre atypique au sein de laquelle les traces de notre amitié subsistent. Tu me manques, c’est cruel de ressentir ça, tu me manques et pourtant j’ai la sensation que tu ne m’as jamais quittée.

Chaque jour, une petite chose me fait penser à toi, un objet, un mot, une couleur, une musique… Tu es présent partout autour de moi, en pensée et sur le site. Daily routine résonne à fond dans mon casque et c’est encore à toi que je pense.
J’espère sincèrement que tu passeras par là pour me laisser un mot, pour me dire aurevoir, adieu ou ce que tu veux, mais au moins pour briser ce silence qui devient insupportable à mesure que le temps passe. Ecris-moi, s’il te plait.

From Z to R.



HEY GIRL ! **

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Ou comment Romeo Castellucci nous rappelle qu’il est un excellent plasticien.

L’évènement de la semaine au TAP (Théâtre Auditorium de Poitiers) était la venue de Castellucci et de son équipe pour trois représentations  suivies et contestées du spectacle Hey Girl ! Après l’accident mortel d’un des performers sur le spectacle de Inferno l’année dernière, Romeo Castellucci a cette fois-ci honoré le public poitevin avec une autre de ses créations sensationnelles : figure de la femme, précisément de la féminité vue par un homme, plasticien et créateur d’images au théâtre, était au programme. Vous sentez autant que moi poindre l’ironie dans ce texte et ce n’est vraiment pas un hasard. Pour avoir vu plusieurs de ses performances scéniques, je peux dire aujourd’hui que je ne suis plus aussi enthousiaste et épatée qu’à la première heure.
La comédienne Silvia Costa est absolument sublime, petite fleur fragile au visage de poupon et au corps menu, épatante de performances dans ce spectacle. Mais Dieu que ça traine en longueur entre chaque tableau ! : Castellucci maître incontesté de la lumière et des signes sur scène affirme une fois de plus son talent de plasticien/photographe/iconoclaste, à tel point qu’il en oublierait presque de faire du théâtre. Plus sérieusement, les images créées sur scène sont puissantes lorsqu’elles s’accompagnent de sons assourdissants savamment dosés par Scott Gibbons, les formes, les matières et les textures assoient concrètement l’ossature de son esthétique délirante. Poétique, soutenu, aérien, le pari esthétique dans Hey Girl ! se définit comme un parfait diaporama au coeur duquel le corps féminin tente une percée. Que dis-je une douce expiration.
Les codes de la féminité, le pouvoir et la mort sont revisités ici par la destruction des symboles auxquels ils se rapportent, si bien que lorsque l’image naît sous les yeux du spectateur aucune liberté de sens ne lui est accordée. Le regard est orienté explicitement et les cases qui, d’ordinaire nous étaient libres de combler par les travaux plastiques de Castellucci, s’en trouvent inévitablement verrouillées en même temps qu’émerge le tableau scénique. Pire, la référence à Romeo et Juliette de William Shakespeare dénature considérablement l’effet du mille feuilles photographique : le texte n’est pourtant pas un accessoire, le fait est que retenir la partie seule de Juliette de cette tirade majeure de la pièce élisabéthaine, ne constitue en rien une justification de la scène castelluccienne. Clairement, cette référence à Shakespeare dessert le simple propos de l’image quand il ne cloisonne pas son sens poétique initial. Hey Girl sonne comme Hegel « sur les lèvres d’amis italiens » mais sans entretenir un quelconque rapport avec le philosophe, il faut arrêter de vouloir toujours se faire plus gros que le boeuf ! Sans déconner, c’était sensé être du théâtre.

 

Mon avis : Déçue. En même temps j’ai déjà eu mon expérience castelluccienne à deux reprises, ce coup-ci c’était pour de rire. Se rattrapera à la prochaine grosse production de Sir Castellucci pour peu qu’elle tourne une fois encore dans la région.



Le temps de prendre une douche… un petit monde part en fuite.

sophiecalle.jpg Au tout début j’étais sceptique, je me disais que l’amour n’était pas une chose à laquelle je pouvais prétendre. Lasse d’attendre en vain le jour ou la nuit que quelqu’un m’aime, je m’étais résignée. Contrainte par la force des choses et par les hommes rencontrés à ne jamais vivre cette part de bonheur que peut être la vie à deux. Les choses de l’Amour ne sont pas pour Zaza. Non, elle tient parfaitement son rôle de bonne copine auprès de la gente masculine, quand on ne lui dit pas explicitement qu’elle ne plaît pas.

Puis j’ai rencontré T. et le temps d’une demi saison j’ai cru le contraire. J’ai cru que c’était possible, que moi aussi j’aurais enfin la joie de déguster quelques bouchées du merveilleux cheese cake en forme de coeur – parfois je suis guimauve, j’en deviens idiote – pensant qu’il y aurait un nous, une vie après le célibat longue durée, une chance de se donner le temps de s’apprivoiser et pourquoi pas de s’aimer. Encore une fois j’ai fait preuve de naïveté. J’ai été bien bête. Il m’a offert quelque chose qu’il m’a aussitôt repris, parce que je n’étais décidément plus à son goût. J’en suis presque à me demander à l’aune de mon vingt-huitième anniversaire, si je ne suis pas devenue monstrueuse avec l’âge au point de repousser autant. J’hésite. Est-ce que ça vient de moi ou est-ce que je tombe inlassablement sur le profil type du looser ? Quand il ne me traite pas comme un véritable don du ciel, il m’impose le rejet et son silence. C’est donc ça l’amour ? Promettre et décevoir/caresser et dévaster/étreindre et abandonner. Qu’en penserait Carole Rousseau ?

Il a bien failli disparaitre, se laissant crever à petit feu et j’ai pourtant été la seule à voir qu’il existait, la seule à avoir peur pour lui. A ce jour la seule personne qui aura pris la peine de tenter de le sauver. Je lui plaisais, c’est évident. Il me plaisait, pas comme les autres, son être était délicieux. L’histoire aurait pu s’écrire de mille manières, cultivant différents styles, elle aurait trouver une pléiade de fins dramatiques au demeurant poétiques. Tout s’est brisé le temps de prendre une douche – je dis une douche car c’est à peu de choses près le temps qu’il m’a fallu pour passer d’un extrême à l’autre, du chaud au froid, du plaisir à l’effroi. Du paradis aux portes de l’Enfer. Le dernier baiser ne devait pas être celui-là. Piétinant l’ultime part d’espoir et de confiance que j’avais encore en moi, il a ravagé les dernières pousses de mon jardin secret. Il s’y est glissé comme un serpent feignant d’apporter avec lui les germes d’un pommier. J’aurais pu esquiver cette intrusion furtive, j’aurais pu contenir la bête en dehors ou simplement la chasser lorsque j’en avais encore l’occasion. Mais j’ai cédé et j’ai été mordue. La plaie est vive, la séquelle non négligeable et le poison diffus.

Il y a pire dans la vie que ce genre d’histoire maladroite et sans lendemain. Assurément. Même si parfois les hommes – pas tous- ne se comportent pas en hommes. Au bout du pont ce matin-là, au croisement qui séparerait nos existences il a dit aurevoir, je l’ai quitté sur un adieu sans me retourner.Triste fin pour une injuste raison. J’imagine que l’Amour ne ressemble certainement pas à ça, il faudrait que je prenne quelques leçons en la matière pour rattraper les choses, même si je demeure totalement hermétique à l’évocation du sujet, point de vue leçon je peux dire que celle-ci me suffit amplement.



News From Orleans

photosjanvfev101.jpg Je suis heureuse. Pour la première fois de ma vie je peux dire que je suis heureuse. 2010 a apporté avec elle le changement, la réussite et l’amour. Nouvelle vie dans une nouvelle ville : Orléans est une ville bourgeoise mais tout à fait accueillante. Depuis quinze jours que j’y vis, je dois reconnaitre que je ne connais pas encore les coins intéressants mais qu’il est plaisant de se perdre dans ses rues. Mon petit New York à moi. Un avant goût avant the real Big Apple. Mon stage au Théâtre d’Orléans se passe à merveille : beaucoup de boulot pour Zazou la nouvelle stagiaire, pas le temps de prendre une petite pause café-clope, Zaz est sur tous les fronts avec un enthousiasme non dissimulé qui l’étonne chaque jour un peu plus. Les rencontres sont quasi quotidiennes dans le milieu du spectacle vivant et c’est un véritable régal que de se lever le matin pour aller travailler. L’équipe à laquelle j’ai pris part récemment est aux petits soins avec moi, c’est un réel plaisir que de bénéficier de telles conditions pour débuter dans la profession. Tout va bien, même la grande maison bourgeoise que j’occupe à Orléans est plaisante et très chaleureuse… Le 23 parait bien loin parfois.
Enfin, Zaz se sent pousser des ailes, la coquine. Au moment où elle s’y attendait le moins, elle a craqué pour un charmant jeune homme qui lui rend la vie plus douce que d’ordinaire et sait se montrer tout à fait irrésistible. De la poésie, de la passion et de la romance, ça vous change une femme ! J’ai même fait couper mes cheveux… une vraie lady.
Tout va tellement bien pour Zaz en ce moment que la dernière fois que je suis rentrée pour le week end à Poitiers, j’ai emmerdé tout le monde avec mon bonheur, sans savoir que ça pouvait gêner… Peu importe, je profite d’avoir encore le sourire, de faire les choses avec enthousiasme et entrain, de vivre une passion débordante et fabuleuse pour commencer de nouveau à croire que moi aussi j’ai droit à tous ces instants heureux partagés.

Le blog n’est pas en stand by rassurez-vous, j’écris simplement un peu moins qu’à l’accoutumée et pour cause, je manque parfois de temps. Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas à mes fidèles et patients lecteurs : je vais faire de mon mieux pour développer les chroniques du côté de chez Zaza et apporter davantage de succulents moments à vous raconter.

@ très vite.

 

(photo : devanture de la Maison des artistes dans laquelle je vis).



Zazement Stagiaire

burgert3.jpg J’ai quasiment terminé mes études. Cinq années passées à l’université et un solide bagage intellectuel pour démarrer dans la vie professionnelle : à la fac j’ai appris à écrire, à lire et analyser, à penser par moi-même, à développer mon style en faisant valoir ma différence. Aujourd’hui je prends ma revanche sur un certain nombre d’injustices auxquelles j’ai du faire face durant mon cursus. Inutile de s’étendre sur les détails d’une demande de bourse rejetée, des belles amitiés qui du jour au lendemain se sont défaites pour d‘obscures raisons, sans évoquer les manigances de quelques professeurs de la filière pour rappeler à l’étudiant qu’il n’est rien, qu’il existe à peine ; non, inutile d’en faire état ici. Ces étapes chaque fois plus difficiles à surmonter perdent de leur importance face aux rencontres marquantes, aux appuis inattendus et au tour de force que j’ai récemment réalisé. La persévérance a porté ses fruits. Je suis heureuse de pouvoir vous écrire que j’ai accepté de vivre de nouvelles aventures. Je vais m’installer dans une nouvelle ville afin d’effectuer une nouvelle mission culturelle, histoire de cultiver un nouvel horizon, celui d’un avenir professionnel épanouissant.

Ville : Orléans
Région : Centre
Situation : Collocation ponctuelle
Lieu : Maison des artistes
Mission : Zazement en mission pour le Théâtre
Objectif : Passer cinq mois inoubliables

Je risque donc d’avoir pas mal de grains à moudre une fois sur place, des péripéties orléannaises aux absconneries typiquement zazou, vous ne serez pas en reste en découvrant les improbables aventures de Zaz en stage. Pas de photocopies à faire ni de café à apporter, je serai en charge d’une mission créative dans des conditions pour le moins idéales. Bref, ça claque ! Pour vous dire à quel point, j’ai hâte de me mettre au travail.



Electrolux – Dégivrage-Automatique – Classe A – Thermostat 3

renoir.jpg Du côté de chez Zaz se porte comme un frigo vide, à l’intérieur duquel il ne reste que des croutes de fromage, un pot de moutarde asséchée et un yaourt périmé. Ces derniers mois Zaz n’a pas eu le temps de réapprovisionner les placards, de concocter de bons petits plats, ni même de remplir le frigo. Trop occupée à dessiner ses plans de carrière, à tracer les chemins sur lesquels personne ne l’attend, qu’elle en avait oublié de quel côté elle habitait. Zaz a presque oublié le refuge qui l’a si longtemps abritée. Sa tanière sent le renfermé, les heures froides, l’absence. Cependant, l’étincelle subsiste, la petite lueur chaude qui guide les mots de Zaz sur le retour du côté de chez elle, vit encore. La baraque a besoin d’être retapée, d’un peu d’air frais, de tri et d’un grand coup de peinture histoire de se refaire une beauté pour la nouvelle année.

J’ai fait les courses, le frigo enfin voit ses étagères comblées : l’année 2009 dans l’ensemble ne m’aura pas épargnée, et sans vouloir insister, jusqu’à sa dernière heure, cette année aura été une p***. Mon visage porte à l’heure d’aujourd’hui les stigmates d’une année passée à gérer la pression et contenir les émotions, les dernières traces sur mon corps témoignent des lourds tributs payés aux causes soutenues en vain. Je ne regrette rien. S’il fallait porter les fardeaux à nouveau, pleurer et surmonter ou rejouer cette année différemment, je la vivrais exactement de la même manière. En tous points. Sans hésitation même, sauf que j’ai ouvert les bras à 2010 sans méfiance, j’ai décrété que cette année serait positive et remarquable. Elle le sera. Rien ne m’arrêtera dans la course folle dans laquelle j’ai mis le pied… tout mon être en fait. J’ai décidé de poser ma réussite professionnel sur la première étagère du frigo, c’est ça, c’est au frais et c’est disponible, exactement comme ma situation actuelle. Pour toutes demandes de cv, lettres et autres démarches pour un éventuel recrutement, c’est sous l’aimant en forme de citron sur le frigo, laissez vos coordonnées et servez-vous en carte de visite!

Sur la seconde, j’y dépose tous mes projets artistiques, théâtre et écriture confondus, musique, enseignement, voyages et rencontres. Je sens bien qu’il me reste encore beaucoup à apprendre, du monde, des autres et de moi-même, ceci étant je sens que j’ai la force nécessaire pour entreprendre et peut-être réussir. En tout cas, je me donnerai les moyens de faire ce qui me plait. Comme je l’ai toujours fait.
Sur la troisième étagère, il y a ma vie affective. Cette étagère a toujours manqué d’approvisionnement, c’est à dire qu’au départ il y avait des compotes, douces, acidulées, fraiches et à consommer rapidement. Puis ce fut la disette quelque temps, jusqu’à ce que les mousses au chocolat envahissent à elles seules tout le compartiment du troisième, bienvenues, succulentes, parfois trop gourmandes, elles ont laissé des traces. Et de nouveau ce fut le vide quelques temps. Pas de yaourts, plus de desserts. Avec les yaourts aux fruits, la troisième étagère du frigo du côté de chez zaz a pensé entrevoir la solution. Équilibrés, savoureux, généreux, les yaourts aux fruits se sont imposés en rois, à tel point que je les ai préféré nature pendant un moment, question de goût pour la sobriété.
Depuis, l’étagère est désespérément vide, elle n’a accueillit aucun pot, d’aucune sorte, parfois elle héberge le jambon blanc ou les rillettes de thon aux olives pimentées, mais ces derniers temps c’est plutôt le désert. Une minuscule salle d’attente climatisée.
Parce que je ne fais rien comme tout le monde, sur la dernière étagère je glisserai mes rêves, pour les tenir au frais, pour les tenir secrets, pour les voir un jour sortir du frigo et passer sur le grill de la vie. Mes songes de jeune femme, mes fantasmes, mes idéaux et une petite boîte longue conservation, pas grand chose un tupperware en plastique vert dans lequel je conserve jalousement toutes mes expériences, mes échecs, mes peines, comme le garde-fou du réseau alimentaire de mon frigo. Il sent passe des choses du côté de ce microcosme réfrigéré, mine de rien…

Cette année a très bien démarré, pas une journée de merde depuis la première heure de 2010. Pourvu que ça dure ! Dans tous les cas, du côté de chez Zaz envisage un léger ravalement de façade histoire de repartir du bon pied. J’aère la maison, je range les courses et je dépose mes valises ici pour un petit moment encore. Du moins aussi longtemps qu’on y appréciera ma cuisine.



Strawberry Love Flavor

lempicka.jpg Il faisait nuit, j’avais pleuré une bonne partie de la soirée, les yeux gonflés je regardais passer les trains ; nous étions tous les deux, au bord de l’eau, planqués dans la voiture noire et silencieuse. Deux verres de vin à la main, des regards et quelques mots à échanger, notre seule nourriture de la soirée. Certains mots sont sortis de sa bouche alors que j’avais besoin de les entendre, si bien que je sentais une vive palpitation dans mon poignet droit ; d’autres au contraire n’auraient jamais dû être prononcés. Peu importe, je battais des cils, je lançais des signaux comme pour lui dire « laisse moi être ta fée… » mais rien n’y faisait. Il m’a rabrouée sans tarder, sans même prendre le temps de me sentir frissonner. Était-ce la pluie battante sur les vitres de l’auto ou simplement ce moment d’une tendresse inouïe qui faisait battre mon coeur précipitamment ? Je souhaitais qu’il m’offre son visage et ses mains ou juste un baiser.

Avant que nous décidions de quitter la place sauvage et nocturne que nous occupions face à la voie ferrée, j’ai réalisé qu’il ne me méritait pas. J’aurais encore tout donné, j’aurais encore trop donné de moi-même, à tel point que je me suis usée comme fissurée de l’intérieur. J’entendais toujours ses mots, ils résonnaient en moi, me donnaient le tournis et me rappelaient à la raison. Tiraillée entre deux feux, entre un désir inénarrable et une réalité implacable, je sentais que tout s’entrechoquait en mon for intérieur. Les pistes étaient brouillées, mes paroles se vidaient de leurs mots, le mutisme m’envahit. Je n’ai pas osé lui dire. Je voulais, mais j’ai manqué de courage. Piquée au vif, je restais incapable de lui dire ce que je ressentais alors pour lui. Une vague de tendresse difficile à contenir. Mes mains me brûlaient presque de le sentir à côté sans que je ne puisse le toucher.

Ces derniers temps je ne dis plus grand chose, je n’écris plus grand chose, je n’imagine plus rien. J’ai cessé d’être négative, pessimiste, fataliste, défaitiste ou que sais-je encore… Je fais semblant de tout et pour tout. La feinte en toute circonstance. Du coup, je fais semblant de ne pas l’aimer, de ne pas ressentir cette tendresse, cette chaleur envahissante qui gonfle à mesure que je pense à un nous.
Il ne m’aime pas. Je suis une amie. Encore, et encore et encore… Zaz l’éternelle amie de la gente masculine conserve son statut de jeune femme adorable, atypique et serviable. Pour combien de temps encore ? Quand aurais-je droit à une part du gâteau ?
A strawberry love flavor
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Ad Vitam

markrothkono141960.jpg Ce soir là je suis rentrée chez moi sans un mot. Rien, pas un son n’est sorti de ma bouche ; penaude, abattue, lasse, le silence comme seul refuge. Ils ne m’ont pas vu pleurer. Je suis rentrée vite, costumée de mon plus beau sourire de façade, si tôt le seuil franchit le masque s’est brisé. J’ai toujours été trop gentille, ils ont du trouver ça étrange, cette manie de donner de soi-même en permanence, ils ont du croire que la corde infiniment pouvait être tirée. J’ai pourtant essayer de faire des efforts – parfois je manque de tact, c’est clair, certaines épreuves de l’existence m’ont endurcie – j’ai renié qui je suis pour convenir à tous. Je leur ai mâché le travail, j’ai été conciliante, à l’écoute, serviable et loyale, toujours. TOUJOURS. Jamais je ne leur ai infligé le quart de ce qu’ils sont en train de me faire subir : ils sont les camarades qui ne méritent pas ce titre. Who cares ?

***

La roue tourne, en ma défaveur, comme toujours, 2009 et son lot d’angoisses s’acharneront jusqu’à la dernière heure. Comme si c’était déjà écrit. Il suffit que les évènements qui composent mon quotidien deviennent difficiles à porter, à dépeindre, à soulager, pour que je prenne instinctivement appui sur ma béquille blogo-thérapeutique. Essentielle. Là. Brandie comme une arme de destruction minime de l’éclosion d’une peine. Réactive et parallèle.

***

Parfois, je ne sais plus écrire, les choses m’emportent ou plutôt je m’emporte au coeur de ma propre rêverie et je finis inévitablement par ne plus savoir ni comment raconter ces choses, ni ce qu’il y a réellement au fond de moi. Je divague, marée haute, je ne flotte plus, j’embrasse l’eau, regard au premier bord de la surface. L’air bientôt tardera à manquer. Mon ventre gazouille, un borborygme terrible ponctue la vindicative manifestation stomacale. Besoin de mastiquer, de ruminer comme on ressasse par couches successives, en forme de mille feuilles, friable et debout. Je suis immobile, mes membres n’avancent plus et ma cervelle se creuse.

***

Pour finir et rester dans la thématique de la fragmentation textuelle intuitive et spontanée, je soupire. Un long et généreux soupir, qui dure et s’évanouit ; cependant quelque chose reste en suspens, encore sûrement une question. Trop de questions, j’en retourne ad vitam à mes corvées.



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