LA DEUXIEME LIGNE *** 29 février

Pourquoi je vis, pourquoi je meurs, pourquoi je ris, pourquoi je pleure ?
C'est tout l'enjeu de la représentation du drame de l'existence. Une famille de trois personnages attend idéalement dans son salon, la venue du “gars du Bell”, comprenez de la compagnie du téléphone, pour l'installation d'une deuxième ligne. La fille souhaite se faire entendre par ses parents, mais la mère, bien décidée à la faire taire, entraîne le père dans une entreprise d'effacement de la parole. Ces trois personnages cherchent leur identité, ils cherchent une raison à l'existence humaine, en voyant dans Monsieur Bell un sauveur potentiel.
Les quatre comédiens mis en scène par Claire Lasne, sont épatants de justesse sur le texte de l'auteur québécois Marie-France Marsot, nous entraînant dans ce drame moderne d'une violence et d'une drôlerie surprenantes. Une scène découpée en séquences cinématographiques, comme si la caméra fixait un moment de la vie de ces gens dans leur salon, qui attendent que quelque chose arrive, que leurs vies prennent un sens, et interrogent leurs existences dans cette pièce plastifiée de la table, aux chaises, en passant par le Scrabble.
Tenus par le seul espoir, celui de pouvoir dire, la dramaturgie du secret trouve son incarnation sur cette scène, entre un ailleurs et un chez nous, entre rien et un tout, entre le silence et les mots, ces quatres personnages sortis de nulle part, viennent en fait de nous-mêmes. Un poème adressé à l'existence humaine. Voici le s.o.s de terriens en détresse.
Mon avis: vous n'aurez pas les pieds sur terre, mais comme un goût de vous-mêmes en bouche à la vue de cette histoire singulièrement universelle, l'absurdité du quotidien mêlé aux troubles de l'âme, voilà bien un drame par lequel le silence arrive.. allez-y, c'est épatant.
Du 26 février au 7 mars à la M3Q (Maison des 3 Quartiers) de Poitiers à 20h30, et les jeudis à 19h30.








Je voudrais parler. J'aimerais trouver les mots pour le dire, pour expliquer ce qui se passe… Pourquoi pleurer? trop de larmes ont déjà été versées pour ce genre de crise, trop de mots ont été dit pour expliquer l'incompréhension persistante des gens.. pleurer en pareil instant reviendrait à abdiquer, marquer sa faiblesse, alors qu'on se sent fort.. pas de larmes, plus de larmes, pas de mots, plus de sons, moins de sourires..
Alors comme ça on peut insulter les gens gratuitement, une nouvelle liberté, un nouveau projet de loi ?? Refuser de saluer quelqu'un et se voir insulter par la suite, laissez moi vous dire que c'est encore un peu limite tout ça.
C'est son premier anniversaire sans sa mère. Elle est forte, elle tient bon, mais au fond je sais ce qu'elle ressent, je perçois sa fragilité, juste derrière cette volonté d'acier qui la fait avancer. Elle pense que personne ne peut le voir, ni le sentir, mais je suis sa fille, et je sais.
Elle est venue me voir. Cette nuit, elle était bien là. Le temps d'un songe, je l'ai vu, je lui ai parlé, je l'ai touchée, je l'ai vu mourir. Sur le balcon les charognards s'amassaient, tous plus purulents les uns que les autres, ils ont essayé de rentrer, ils tentaient d'approcher son corps écroulé, sans vie, sur ce lit défait, usé par le temps, d'où jaillissait une lumière douce et..
Elle rêvait d'une piste de danse, un dancefloor qui accueillerait ses déhanchements et ses pas sur son parquet, elle voulait danser jusqu'au bout de la nuit.. s'amuser, séduire, sentir ses 25 ans.. Comme une Cendrillon moderne, elle s'échapperait aux alentours de 4 heures du matin pour rentrer chez elle, après cette soirée passée à danser.