La Soupe Magique.

ciel.jpg La journée avait commencé sur un mensonge. Si j'avais dit la vérité, je suppose que personne n'aurait compris. Je ne mens jamais, ou vraiment très rarement, j'ai horreur de ça. Mais là, je ne pouvais décemment pas faire autrement. J'ai aussi levé plusieurs fois les yeux au ciel aujourd'hui, ça ne me ressemble pas, je ne suis pas croyante, en tout cas je ne crois pas en Dieu. Comme le dit très justement mon beau-père “Dieu, tout le monde en parle mais personne ne le voit jamais…”, et je suis plutôt de l'avis de cette petite boutade. Comme pour trouver des réponses instantanées à mes fulgurants questionnements du jour, j'ai hissé mon regard au dessus de l'horizon. Comme si j'avais eu la foi un instant seulement. Je me suis volontairement empêchée d'avancer aujourd'hui, délaissant les rendez-vous pris avec les miens, comme ceux que j'avais pris avec moi-même. Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt je sais ce qui m'a poussée à me transformer en huitre. La nécessité de ne laisser aucune charge m'envahir. J'ai joué un rôle. A aucun moment il ne s'est agit de moi. Aucun. C'était une facette arrangée de moi-même. Un double éphémère, le fantôme de ce que je n'ai jamais été. Ni Zaz, ni Mamzelle Zaza, ni LadyZaz, ni Elsa. Ce n'était pas moi. Il faut que je parle. Il faut que j'écrive. Il me faut démontrer des choses avec les mots, quand je n'arrive pas moi-même à les nommer. Mon réconfort le plus doux dans l'existence fracassée et fracassante que je mène, c'est cette incomparable amour que porte une mère à sa fille. N'importe lequel de ses mots est un pansement posé sur chacun de mes maux. Tendresse maternelle. Je n'ai rien eu besoin de dire, de formuler ou de révéler, ma mère savait déjà. Elle s'est montrée présente. Et moi en retour.
La journée avait commencé par un mensonge, très vite occulté ce soir par la soupe au potiron de ma maman. Douce, sucrée, épicée, orange, sa soupe était divine. Et rien à voir avec mes croyances douteuses, je ne crois pas en Dieu, il me semble l'avoir écrit… Il ne réchauffe pas mon coeur, pas plus qu'Il ne me guide dans la vie. Non, vraiment il n'y a que la soupe de ma mère qui parvient encore à me faire oublier mes petits soucis, mes questions existentielles, et mes doutes, la seule qui arrive encore à me faire réaliser qu'aujourd'hui je n'ai pas voulu être. Une soupe magique, faite avec tout l'amour d'une mère, le goût des choses simples retrouvé en quelques cuillères à soupe, le temps d'un repas avec moi, dans ce petit coin de paradis qu'était mon assiette creuse.



Radio Potins Zinzins: Dans le salon du voisin…

biere.jpg Radio Potins Zinzins, l'émission qui t'informe sur le nouveau voisin de Zaza, vous propose aujourd'hui le scoop people de ce mois de janvier 2oo9!
Cotillons et tralalala!
Tu prends l'apéro ?!

Hier soir, Zaz aura bu l'apéro avec son voisin Oliver et deux de ses potes… Ouuuhhh, trois boys pour elle toute seule… De la bière, d'habitude je n'en bois pas, mais il faut dire que je n'ai pas pu résister à la gentille invitation de mon voisin… Du bon son brute pour les truands, la musique était forte mais on arrivait tout de même à discuter, j'ai appris beaucoup de choses sur eux en les regardant et en les écoutant… Une bonne ambiance en somme hier soir, ne manquait que le foot à la télé et une paire de couilles à Zaz, et on pouvait passer la nuit ensemble à jouer aux jeux vidéos, à grogner sur la gente féminine et à se traiter d'enculé tous les quarts d'heure… bref, old school, je ne cesserais de le dire, mais terriblement bon esprit la petite family du second. Oliver a carrément insisté pour que je descende plus souvent… peut-être vais-je le prendre au mot.
Ah, et puis les voisins du premier n'ont toujours pas nettoyé… je vais suivre le conseil de mr pilou, je vais leur laisser un petit mot façon mamzelle zaza vous souhaite la bienvenue, l'emménagement s'est bien déroulé, mais ça t'emmerde de passer la serpillère dans l'entrée ???!!! lol que d'la gueule! Je ne vais tout de même pas faire ma Bree Van De Kamp…!

Merci d'avoir suivi ce flash express scoop people du jour, la suite au prochain épisode qui promet d'être détaillé, merci de votre fidélité, à vous les studios.



“A la Vie Sco, tu trouves de tout si t’es malin.”

 

bureaucolier.jpg Trois ans que je travaille dans ce lycée professionnel. Les deux premières années, j'ai même monté un atelier théâtre bénévolement pour les internes de l'établissement, avec dans l'idée de leur faire découvrir l'improvisation ainsi que des textes abordables à leurs âges. Je n'ai fait que la première rentrée en trois ans, les deux autres je me suis absentée pour les enterrements de ma grand-mère maternelle et de mon père. Je me suis pétée la cheville en 2oo5 sur une plaque de verglas devant le lycée, malgré un arrêt de travail de trois mois, je ne me suis pas arrêtée, je suis quand même allée bosser, pour ne pas mettre l'équipe dans l'embarras. J'ai sacrifié les cours de ma deuxième année de licence, durant tout le premier semestre, je n'assistais pas au cours pour aller travailler au lycée, ça m'aura encore pénalisée jusqu'en troisième année cette histoire-là.
Cette année, je n'ai donc pas pu faire ma rentrée normalement en septembre dans l'établissement, ainsi qu'à l'université. Ma seule perspective était celle d'un cercueil. Je le dis aussi froidement que je l'ai vécu.
Étant cette année parvenue à entrer en maitrise après pas mal de sacrifices et beaucoup de travail, je jongle avec les emplois du temps tous les quinze jours. L'Université programme un certain nombre de stages pratiques avec des intervenants en théâtre, et 50% de la note d'évaluation de ce stage dépend de la présence à cette intervention spéciale. Le reste est obtenu pour le travail effectué avec l'intervenant, puisque c'est généralement lui qui nous note. Bien ceci étant dit, je me suis absentée quelques semaines de mon boulot sur le premier semestre de maitrise, stage oblige, et j'ai toujours fait en sorte de prévenir mes chefs (cpe : Conseillère Principale d'Education) largement à l'avance, c'est à dire dès que j'avais connaissance des dates, pour éviter toujours de les mettre dans l'embarras, pour m'organiser un minimum, et puis pour apporter les papiers nécessaires délivrés par le secrétariat de mon département art et littérature pour justifier ces absences.

Je n'aborderais pas ici les détails de la période très sombre que je viens de traverser, ce n'est pas le propos. Mais c'est très difficile de concilier les trois, vie étudiante, vie professionnelle, et vie privée. Je pensais que mes chefs cpe étaient des alliées dans ce cap instable et déprimant à vivre, mais je me suis effectivement fourvoyée.
Une d'entre elles, s'est permise d'émettre quelques bruits de couloir auprès de mes collègues de travail, en révélant ce qui fait ma vie en ce moment, mais ce n'est pas le pire. Elle s'est permise de téléphoner au secrétariat de mon université pour vérifier mes absences du premier semestre et exprimer son mécontentement à la secrétaire pour mes histoires de stages répétés et des conséquences de mon absentéisme forcé au boulot.
Cette cpe, que je ne respecte plus désormais, m'a fait passer pour une menteuse auprès de mes professeurs, a appliqué les mêmes règles de répression des absences d'élèves sur moi qui suis assistante d'éducation, payée par l'Etat pour surveiller et veiller à la sécurité des jeunes de l'établissement. Elle a foutu la merde dans mes relations de boulot avec mes collègues, bilan, plus personne ne veut me remplacer.
C'est d'autant plus scandaleux que je suis allée travailler la semaine dernière et qu'aucune de mes cpe ne m'en a touché un seul mot. J'ai eu le droit à une réflexion en partant vendredi à 18h, avant de faire mes 60km retour, une autre cpe est sortie de son bureau pour nous souhaiter un bon week-end à ma collègue et à moi, et avec un aplomb hors du commun, elle m'a demandé : “… alors à la semaine prochaine Elsa, enfin si tu n'as pas de séminaires de prévus ou …?”
Zaz de lui répondre d'un ton calme et ferme : “… ou un quatrième décès dans ma famille. Ne vous en faites pas, les séminaires ne sont pas des stages madame, ce sont deux choses différentes. Je ferais toujours en sorte de vous prévenir à l'avance, d'ailleurs février ou mars, il faudra s'attendre à ce que je vous envoie les dates par courrier, histoire que vous ne perdiez plus mes autorisations d'absences. Bon week-end.”
Je suis rentrée chez moi, dégoûtée de ne pas être boursière, écoeurée de me casser le cul pour ce lycée qui ne respecte ni mon travail, ni mon statut, ni ma personne. Triste de voir que les relations humaines ne se cultivent pas dans un établissement qui est en charge de l'éducation de nos jeunes. C'est vraiment petit comme attitude, mais ça ne m'effraie plus. Ils ne peuvent pas me virer, je n'ai fait aucune faute grave, si ce n'est celle d'avoir voulu trop bien faire pour contenter tout le monde.
Qu'elles aillent au diable, je n'attraperai certainement pas le pompon pour jouer avec elles, désormais, j'irai au lycée en pensant simplement à mon salaire versé tous les mois, en égrainant chaque euro comme autant de minutes passées à faire le strict minimum, mon boulot de pion. C'est promis.



Radio Potins Zinzins: Les nouveaux voisins du premier.

face.jpg Flash spécial sans détails ou presque, aujourd'hui un nouveau petit couple est venu prendre place au premier étage du 23.
Zaz est rentrée de soirée vers quatre heure du matin, bien remuée, debout pendant vingt heures, elle est allée rejoindre son lit sans difficulté. Et c'est aux alentours de… je sais plus, j'ai pas regardé l'heure, mais c'était tôt le matin, sous la pluie et les fracas du déménagement, que j'ai vite compris ce qui se jouait sur le trottoir en bas. Période de déménagement importante force est de constater, c'est bien connu, l'hiver est la meilleure saison pour envisager ça… Zaz est dans l'incapacité d'expliquer le trouble qui parcours actuellement le 23…
Dans un élan de courage, extrait de je ne sais où, je suis parvenue à me lever, puis je me suis dirigée vers la fenêtre pour apercevoir celui dont les cris résonnaient dans toute la rue… Le nouveau voisin du premier… hop deux portes de placards qui tombent… encore un fracas… oh, mais elle a l'air d'être intime avec le nouveau voisin… normal, c'est sa meuf. Ok, bien, j'ai vu ce que j'avais à voir. J'en ai tiré les conclusions qu'il m'était alors possible, dans cet état proche de l'Arizona, de tirer… puis j'ai refermé la fenêtre, et je me suis repieutée. Presque tranquille, à peine perturbée par le énième emménagement ou déménagement, choisissez le mot qui vous conviendra. Bref, je râle, comme d'habitude, parce que les nouveaux voisins du premier étage ont dégueulassé toute l'entrée et les escaliers du 23 en une matinée, alors que j'avais fait ma ménagère des parties communes trois jours plus tôt… montée de moutarde au nez! Pire, ça m'énerve profondément. Je les déteste d'avance, ils n'ont même pas nettoyé après leur passage.

Bilan de cette formidable nouvelle, quand on entre au 23, on ne se sent pas d'en franchir le seuil, c'est redevenu aussi sale que lorsqu'il s'est mis à neiger dans le Poitou. Et je me sens impuissante face à l'ampleur des dégâts. En tout cas, j'ai largement fait ma part de ménage, je pense passer mon tour quelques mois, si c'est pas toute l'année 2oo9…
A leur tour de mettre les mains dans la crasse des autres, putain!

C'est donc sur cette note que s'achève ce flash spécial un peu coup de gueule, coup de balais, coup coup aux nouveaux voisins, de loin, bienvenue.
Merci d'avoir écouter les grognements de Zaz, la suite sûrement au prochain épisode, à ciao…
A vous les studios!



PARADISO ****

Une installation de Romeo Castellucci, troisième volet du triptyque spectaculaire consacré à l'adaptation de la Divine Comédie de Dante.

paradiso.jpg (Installation Poitiers)

Seuls les plus téméraires entreront au Paradis. Il faut être patient, faire la queue pour espérer entrer, faire place à l'expérience de cette installation d'une violence inouïe. Nombreux à attendre, le choix nous est proposé de franchir le seuil seul ou à deux, j'entre seule au Paradis. On me dit de suivre la lumière du cube blanc je m'avance doucement, je suis éblouie par l'intensité de cette lumière que je ne quitte plus des yeux à tel point que je ne vois pas tout de suite la petite fente qui indique le passage dans l'antichambre rectangulaire du plus gros cube blanc. Je passe par la fente et je pénètre dans l'antichambre, les yeux encore habitués à la luminosité je découvre un cercle noir sur le mur je m'avance. J'entre au Paradis et tout est noir. J'entends d'abord de l'eau couler. Puis, mon regard commence d'avantage à s'habituer à l'obscurité, je peux maintenant voir l'eau couler du mur en face de moi… jusqu'au moment où je réalise que ce buste humain cagoulé de noir est pris dans le trou du mur par lequel s'écoule l'eau. Il s'agite et gémit. Je hurle à son cri. Je me sens happée. Visitée intérieurement par l'espace dans lequel je me trouve, pénétrée profondément par l'infernale souffrance de cette atmosphère. Des larmes coulent presque immédiatement sur mes joues. J'étouffe un peu. Je n'en crois pas mes yeux. Je reste encore quelques secondes, insoutenables secondes qui s'égrainent en emportant ce qu'il y a de mort en moi. Je tourne le dos au mur d'eau et au demi corps en souffrance et je refais le chemin du retour avec cette conviction profonde que quelque chose s'est à la fois ouvert et refermé en moi durant cette expérience indicible. Je n'en sors pas indemne. Une image inscrite en moi pour toujours. Je me demande alors si effectivement, l'Enfer n'était pas le Paradis. Tout ceci reste à ce jour inexplicable…

paradisoavignon.jpg (Installation Avignon)



“INFERNO” ****


L'évènement de cette saison théâtrale au TAP de Poitiers, c'est la représentation de la libre adaptation de La Divine Comédie de Dante, par le génial Romeo Castellucci et sa Societas Raffaelo Sanzio.
Ce soir, c'est l'Enfer. Demain, le Paradis.

enfer1.jpg

Représenté à Avignon pendant l'été 2oo8, artiste invité du Festival International de Théâtre, le triptyque dantesque de Castellucci vient d'un autre temps, d'une autre dimension, peut-être parallèle. Avec toute sa troupe, cet artiste plasticien nous emporte tour à tour au Purgatoire, en Enfer, et au Paradis.

enfer6.jpg

Ici, les photos sont celles des représentations données à Avignon, car il est quasiment impossible de raconter le travail exceptionnel de Castellucci et de tous ses performers, tant ce théâtre apparait comme une véritable expérience proposée au spectateur.

enfer5.jpg

La première représentation de l'Enfer, ce soir au TAP était splendide. Rien à voir avec l'adaptation qui en a été faite pour la Cour d'Honneur du Palais des Papes à Avignon. Un Enfer plus intime, explorant d'avantage les seuils mortels et les strates infernales, un concentré, une performance plastique et sonore incomparable. Les images étaient différentes, plus soignées, et encore plus poétiques que sous la voute étoilée de la Cour d'Honneur.
Un autre Inferno

enfer2.jpg

Quel génie ce Romeo Castellucci. Il utilise les nouvelles technologies, les saturations sonores, les animaux, les enfants, et les met au service d'un théâtre dépourvu de texte, dont les images concentrent un sens infini, et suscitent émotions, frissons, et réflexion. On en oublierait presque que c'est une adaptation libre de l'oeuvre classique de Dante, tant l'expérience d'une telle représentation bouleverse tout ce à quoi il nous est permis de croire. Sans en faire un monstre sacré, Castellucci est capable de faire ce que personne n'osait créer avant, monter et montrer l'ineffable, il fait du théâtre contemporain un noble art et parvient  à ébranler les socles intimes de ses spectateurs.

“Le théâtre que je cherche et que je pratique n'est jamais la lecture ni le commentaire d'un texte préexistant; je cherche des lignes de forces dans la matière obscure et grâce à elles j'agis sur le levier des émotions, à travers des images qui se propagent en un mouvement immobile dans l'espace et le temps. Ce ne sont pas des images que je crée. Je suis un chercheur d'images ou, pour mieux dire, je vais et je viens en attendant que les images à la fin me trouvent. Se laisser dépasser est pour moi une forme de garantie.” Romeo Castellucci.

A voir sans fin, encore et toujours, si possible…

Mon avis: si peu de mots, et tellement d'émotions… acceptez de franchir le pas, tentez l'expérience.

Inferno/Paradiso du 22 janvier au 24 janvier 2oo9 à 2oh3o au TAP de Poitiers.



PURGATORIO ****


purgatorio1.jpg

Purgatorio (Purgatoire) se déroule dans un intérieur grand bourgeois parfaitement reconstitué et formant un dispositif scénique complexe permettant de multiplier et de varier les pièces dans lesquelles vivent les membres d'une famille peu nombreuse. Mais la routine du foyer se dilate peu à peu en tableaux aux échos psycho-oniriques.
Comme devant la profondeur cristalline d'un oeil géant, au milieu de la scène s'étalent des tâches de couleurs, velues comme des organes sexuels, des corolles débordantes, des étamines géantes, des créatures florales qui remplissent l'espace visuel de taches chromatiques et qui ont la valeur d'un intervalle psychique : une sorte de point aveugle qui permet d'accéder à une autre dimension
.

purgatorio2.jpg

Ce spectacle est une savante association de poésie et de violence. Impossible à raconter, ce volet de la trilogie de Dante mis en scène par Romeo Castellucci nous propulse sans le vouloir à l'intérieur même de nos corps. Comme une expédition inconsciente et réglée à l'intérieur de nous-même. Tout l'enjeu de ce théâtre est la place accordé au spectateur, ainsi que le questionnement de la place de l'artiste sur scène et dans le monde.
A la fois sordide et intime, cette représentation du Purgatoire se vit plus qu'elle ne se raconte. Voilà pourquoi il est difficile d'en fournir la critique. C'est un théâtre des sens, pas des mots, dont l'efficacité dramatique trouve son essence dans l'imaginaire et la participation de son spectateur. Une expérience en somme.



Radio Potins Zinzins: T’as pas une spatule?!

spatules.jpg Aujourd'hui, une émission spéciale consacrée au voisin toujours, et plus précisément à la première connexion entre Oliver & Zazoo.
Il était pourtant mal parti ce matin, musique à fond et odeur de peinture, au réveil ça agace. Boum boum boum ! Bref, je suis partie en cours un peu énervée, du hip hop dans la bagnole, avec les dents plus ou moins serrées d'aborder cette journée, dans un état proche de Las Vegas, grâce à mon cher et discret voisin.
Mesdemoiselles, le fait est là, je suis en mesure de confirmer la bogossitude d'Oliver. Il est charmant. Et puis il m'a sourit, à plusieurs reprises…
Petit compte rendu à mes chers auditeurs de radio potins zinzins: je suis rentrée chargée comme un mulet en fin d'après-midi, l'état de saleté depuis le départ des anciens voisins, dans l'entrée et les escaliers du 23, a fini par avoir raison de mes nerfs. J'ai nettoyé mon appartement en une demi-heure, et j'ai ensuite attaqué les parties communes. Ras le bol de la crasse laissée par les autres!
Je descendais les escaliers avec mon balais, dans la poussière, mais dans ma petite robe noire simple et ravissante, les cheveux à peine relevés avec quelques mèches tombantes, et un charme fou dans ce rôle de ménagère que j'avais choisi d'endosser… arrivée au second, en marche avant, marche par marche, j'ai balayé le palier de mon nouveau voisin, comme j'allais ensuite le faire tout en descendant pour mes voisins du premier. C'est alors, qu'il ouvrit sa porte délicatement pour ne pas m'effrayer, et d'un ton gentleman et bon voisin, il m'a saluée. Il a tenu à me mettre au courant des quelques travaux qu'il engage dès demain matin dans sa cuisine, puis nous avons discuté un bon quart d'heure sur son palier… un premier contact très sympa, surtout quand il s'est excusé pour la saleté dans les escaliers. J'en ai profité, avec mon air aimable et enthousiaste habituel, pour lui glisser l'info sur le partage des tâches ménagères dans les parties communes.

Légère ellipse.
Il décolle sa pauvre tapisserie, il tient à me montrer comment c'est chez lui.. j'entre ou pas…? Bon, j'accepte, je jette un rapide coup d'oeil.. c'est, comment dire, en cours d'installation mais très chaleureux chez Oliver. Old school, c'est bien ce que je pensais… il m'a présenté son pote Tony, qui était passé pour filer un coup de main à dégager la tapisserie.. enfin, j'imagine. T'as pas une spatule ?! ou un truc pour gratter les coins ?! Je stoppe mon activité frénétique et je remonte au troisième, je fouille dans ma boîte féminine à outils (petits tournevis, petit marteau, petits clous, petits bordels…) mais aucune petite spatule. Shit!
Alors Zaz dans un élan de générosité, s'est précipitée sur sa spatule en bois défoncée par l'usage quotidien en cuisine, et l'a naïvement proposée à Oliver.
Séquence face de poivron pour Zaz. La honte. J'ai donc repris mon ménage, l'air de pas grand chose.
Enfin au bout de mon entreprise dépoussiérante, un petit spliff entre les lèvres, j'ai vu surgir mon propriétaire au même moment que mon nouveau voisin, tous les deux dans les escaliers… la boulette… ou plutôt la fumée… Le proprio n'a rien calculé, il est passé pour la chaudière, super j'ai envie de dire!
Par contre Oliver voulait me demander quelque chose, c'est que j'ai cru au début. En fait, il souhaitait sûrement finir la conversation autrement, alors il m'a présenté son chat, Serpette. Et j'ai rit bêtement.
Puis j'ai regagné mon antre depuis laquelle j'anime cette chronique de voisinage. :) Bref.

Merci d'avoir pris le temps de nous écouter, la suite comme vous le savez au prochain épisode…
A vous les studios.



BlogoContribution.

lettres.jpg Cher Lectorat,

J'ai souhaité vous mettre à contribution sur un de mes projets universitaires, à rendre pour la fin du mois de janvier. Je dois réaliser un dossier de mise en scène, comprenant une partie technique et dramaturgique que je me réserve, mais aussi une partie thématique que j'espère partager avec vous.
Je dois formuler dans ce dossier une proposition de mise en scène pour la pièce Romeo et Juliette de William Shakespeare. Exercice difficile même si le choix de la pièce ne m'appartient pas au départ.
Vous vous demandez, et à juste titre, quel sera votre rôle à jouer dans cette histoire ? Rassurez vous, rien d'exhaustif, rien de difficile, une légère contribution personnelle si toutefois vous êtes d'accord.
Entrons dans le vif du sujet alors, pas de détours, je vous demande simplement de dire ce que vous pensez, voire même ce que vous ressentez, et je vous passe désormais la parole:

_ Romeo et Juliette: le mythe d'un amour impossible. Que pensez-vous de l'histoire de ces deux jeunes amoureux ? Quel regard portez-vous sur la relation de Romeo et Juliette ?

_ Si vous deviez garder un seul détail de cette histoire, quelle serait l'image la plus marquante que vous retiendriez ?

_ Si vous pouviez représenter symboliquement ces deux personnages, par quels OBJETS (inanimés, matériels) remplaceriez-vous Romeo et Juliette ? (donnez un objet pour chacun svp)

Merci d'avance pour toutes vos réflexions, merci de répondre aux questions pour m'aider à développer ce sujet. Vous êtes libres de dire tout ce que vous voulez, et de proposer autant de choses que vous le souhaitez, et puis si vous avez des questions à votre tour, vous savez où écrire. ;) Je compte sur vous.

Cordialement,

Zaza.



Radio Potins Zinzins: Ze White Night.

mexicochile.jpg Radio Potins Zinzins, l'émission qui espionne le nouveau voisin !

Un bilan de la nuit s'impose. Je crois que mon voisin n'a jamais vécu pareille crémaillère, et moi non plus, c'est sûrement la raison pour laquelle il a choisi de la pendre un vendredi soir… pour s'en remettre ce week-end, comme moi.
J'ai fui le 23, n'étant pas invitée à partager les victuailles entre voisins, j'ai passé la soirée chez des amis, en excellente compagnie par ailleurs, loin du gros son et de l'ambiance wesh-wesh.
Et je suis rentrée chez moi vers une heure du matin, pétée à la catchaça (imported from Brazil sur la bouteille, sorte de rhum brésilien, pardon pour l'orthographe) et aux délices stupéfiants locaux, la bouche en coeur, la peur au ventre de voir du vomi partout dans les escaliers. Bien sûr que mon nouveau voisin a des amis qui savent se tenir.
J'ai franchi le seuil de l'immeuble avec une certaine appréhension, et là, une odeur de beuh gigantesque a recouvert mon nez, ça sentait l'herbe fraîchement fumée dans tout le bâtiment… de l'entrée à ma salle de bain… l'immeuble s'est transformé en gros spliff fumant sur fond de hip hop qui déchire…
Arrivée à l'appart, j'ai pris un bouffée man, une sacrée montée en plus des trois étages… l'altitude était telle que j'avais des hallucinations. Bref, Oliver a bien régalé ses potes cette nuit, alcool, pétards, hip hop jusqu'à 6h… il faut lui reconnaitre un côté artistique indéniable, surtout pour avoir fait du 23 un maxi pied de marijeanne. Oui, il a réussi ça… avec cette histoire d'humidité en plus, il n'aura aucune difficulté à faire pousser sa petite plante bienfaitrice, aucune. L'immeuble deviendra vert, sa façade se verra recouverte de marijeanne grimpante, et tout le quartier viendra prendre une petite bouffée d'air concentré au 23.
Plus sérieusement, enfin presque, Oliver n'a pas abusé au niveau du gros son, c'était plutôt gentillet, puis du point de vue du monde, je ne peux rien dire j'y étais pas, mais j'imagine qu'il y avait de la nana… sinon c'est pas une fiesta.
Enfin pour répondre aux questions des auditeurs, nombreux à tendre l'oreille pour écouter l'histoire du nouveau voisin, sachez que Zaz est une bad girl, rarement impressionnée par les bad boys, d'avantage sensible aux charmes des hommes inspirés.
Ce matin, ou plutôt à midi, ils se sont levés au 23, le second étage a doucement émergé en musique, after ze white night… Zaz s'est gentiment lâchée sur les Fugees au réveil… hii!
La suite bien entendu, au prochain épisode des aventures du nouveau voisin, merci de nous avoir suivi, à vous les studios.