Ad Vitam

markrothkono141960.jpg Ce soir là je suis rentrée chez moi sans un mot. Rien, pas un son n'est sorti de ma bouche ; penaude, abattue, lasse, le silence comme seul refuge. Ils ne m'ont pas vu pleurer. Je suis rentrée vite, costumée de mon plus beau sourire de façade, si tôt le seuil franchit le masque s'est brisé. J'ai toujours été trop gentille, ils ont du trouver ça étrange, cette manie de donner de soi-même en permanence, ils ont du croire que la corde infiniment pouvait être tirée. J'ai pourtant essayer de faire des efforts - parfois je manque de tact, c'est clair, certaines épreuves de l'existence m'ont endurcie - j'ai renié qui je suis pour convenir à tous. Je leur ai mâché le travail, j'ai été conciliante, à l'écoute, serviable et loyale, toujours. TOUJOURS. Jamais je ne leur ai infligé le quart de ce qu'ils sont en train de me faire subir : ils sont les camarades qui ne méritent pas ce titre. Who cares ?

***

La roue tourne, en ma défaveur, comme toujours, 2009 et son lot d'angoisses s'acharneront jusqu'à la dernière heure. Comme si c'était déjà écrit. Il suffit que les évènements qui composent mon quotidien deviennent difficiles à porter, à dépeindre, à soulager, pour que je prenne instinctivement appui sur ma béquille blogo-thérapeutique. Essentielle. Là. Brandie comme une arme de destruction minime de l'éclosion d'une peine. Réactive et parallèle.

***

Parfois, je ne sais plus écrire, les choses m'emportent ou plutôt je m'emporte au coeur de ma propre rêverie et je finis inévitablement par ne plus savoir ni comment raconter ces choses, ni ce qu'il y a réellement au fond de moi. Je divague, marée haute, je ne flotte plus, j'embrasse l'eau, regard au premier bord de la surface. L'air bientôt tardera à manquer. Mon ventre gazouille, un borborygme terrible ponctue la vindicative manifestation stomacale. Besoin de mastiquer, de ruminer comme on ressasse par couches successives, en forme de mille feuilles, friable et debout. Je suis immobile, mes membres n'avancent plus et ma cervelle se creuse.

***

Pour finir et rester dans la thématique de la fragmentation textuelle intuitive et spontanée, je soupire. Un long et généreux soupir, qui dure et s'évanouit ; cependant quelque chose reste en suspens, encore sûrement une question. Trop de questions, j'en retourne ad vitam à mes corvées.



2 commentaires

  1. lilau 15 novembre

    lilau

    il parait que c’est quand on touche le fond qu’on se relève… un peu comme si tu atteignais le fond de la piscine et que tes jambes se replient instinctivement sur le sol immergé pour te donner l’élan nécessaire au retour à la surface qui te permettra enfin de respirer…
    il paraît… mais le fond est parfois sacrément long à atteindre… faut juste être assez fort pour tenir l’apnée…
    Trouves ta bouteille d’oxygène et tiens le coup comme tu l’as toujours fais.


  2. Dj Incognito 9 novembre

    Dj Incognito

    ?????


Laisser un commentaire