Vanités 13 février
J’ai le trac, des bulles dans le ventre comme une gamine de sept ans qui participerait à son premier spectacle de danse. Voilà neuf mois que je n’ai pas écrit une ligne du côté de chez moi, c’est comme si tout était figé dans le formol depuis trop longtemps. Pourtant des passages à vide il y en a eut : coup de blues, impossibilité d’écrire par manque de temps et légère crise existentielle ; cela dit rien de comparable aujourd’hui. Neuf mois et pas un soupçon de moi. Comme le temps peut paraître long à certains et furtif à d’autres. Quelques mois ont passé donc, la blogothérapie s’est suspendue et je me demande encore comment revenir après ce break silencieux. Par quoi (re)commencer ? Évidemment par le début : quel chaleureux plaisir de vous retrouver chers lecteurs ! Zazement de retour du côté de chez elle, Zaza est prête à revenir sur le devant de la scène. Tout à trac…
D’aussi loin que remonte mon souvenir, je suis capable de situer l’expression de mon premier désir de devenir auteure. Les mots sont des compagnons peu ordinaires pour une petite fille rêveuse et enthousiaste. « Un jour, j’écrirai des livres », disait-elle avec une fougue peu commune pour son âge. Et pourtant, dès le départ, la petite montrait sans le vouloir des prédispositions pour l’orthographe et le vocabulaire ; son doux plaisir s’était installé comme une habitude le week-end lorsque son père piochait des mots dans le journal afin de les lui faire épeler. Elle adorait ça, surtout parce qu’elle pouvait sauter sur le lit de ses parents sans se faire disputer. Un lien fort s’est très rapidement établi entre la langue et cette petite fille espiègle et tonique, que j’étais alors. Un lien jamais brisé.
Aujourd’hui, mon projet d’écriture est clair, deux espaces de création sont à ma portée : Du côté de chez Zaza est le terrain propice à l’accueil de mes chroniques en tous genres, quotidiennes, humoristiques, théâtrales et chics. Ici réside les pensées et tracas de Mlle Zaza. Le second espace est plus vaste encore puisqu’il me permet de tenter une approche plus académique mais critique des formes d’écriture théâtrales contemporaines. Autrement dit, je suis dramaturge et je m’essaie en toute humilité à l’écriture du théâtre. Un plaisir supplémentaire dans le doux maniement de la langue française. Dramaturge cherche metteur en scène pour collaboration artistique vivante.
Depuis la fin de l’été 2010, Zaz est diplômée d’un Master en études théâtrales qu’elle aura mis deux ans à décrocher. Une lutte universitaire et un combat personnel honorés jusqu’au bout. Aucun regret que du bonheur. En allant chercher mon diplôme à la rentrée de septembre, je n’ai pu m’empêcher de regarder en arrière, juste pour me rendre compte du chemin parcouru. Elle est loin la petite vendeuse en parapharmacie qui bossait dans le Faubourg St Antoine à Paris, et qui n’avait d’autres perspectives que ses crèmes solaires qu’elle n’utiliserait jamais sur la même plage que ses clientes. Elle est loin la mauvaise élève, incapable d’obtenir son bac comme les autres, aigrie et rebelle, qui croyait tout savoir mieux que le reste du monde. Son chemin de croix terminé, elle peut enfin dire qu’elle l’a fait et qu’elle en tire tout de même un peu de fierté et de satisfaction. Le théâtre est définitivement mon credo.
Les rêves ont la peau dure, heureusement car il faut absolument m’armer de patience, de passion et de persévérance. La règle des trois P : non pas que je voudrais être à l’origine d’un courant spirituel qui indiquerait la marche à suivre en cas de démotivation, cependant il est réconfortant de pouvoir se remémorer cette règle personnelle en temps d’incertitude et de crainte. Je ne peux nier, ni même abandonner la part de moi qui me pousse à créer, penser et m’enthousiasmer lorsque l’art est au centre de ce que je vis. Je ne veux pas étouffer dans sa coquille les songes aventureux et les ambitions tenaces que je nourris depuis tant d’années en matière de spectacle vivant. Je me sens faite pour ça, il m’est très difficile de fonctionner et de vivre sans cela ; je souhaite y consacrer mon existence entière, alors je m’accroche fermement.
Afin de financer mes études j’ai été surveillante dans un lycée. Quelques textes du blog nous rappellent comme je pouvais être malheureuse et maltraitée à cette époque par certains camarades et collègues de travail. Zazement en mode souffre-douleur. Ces temps sont révolus, j’enseigne maintenant : je m’occupe de jeunes esprits, je leur apprends le français -j’essaie du moins. Une expérience quotidienne riche de personnalités, de curiosités et d’échanges ; un retour explorateur et distancié au royaume du pré-ado. Disons que ça forge clairement le caractère, renforce le savoir et m’assure un confortable niveau de vie ; bizarrement, j’ai parfois la désagréable sensation de m’éloigner chaque jour davantage de mes préoccupations artistiques. Le temps passé à enseigner et transmettre est précieux, presque intouchable, c’est fou comme ça me plait. Aussi vrai que le théâtre représente toute ma vie.
Et puis, il y a cette force en moi, ardente, scintillante et attractive. Cette volonté inébranlable d’aller au bout des choses, de croire en ses rêves, d’avoir foi en soi-même ; elle est ce que j’ai de plus chère. Jamais insolente, c’est une lumière qui inspire les autres, même si tous n’y sont pas réceptifs, une énergie positive et bienveillante qui me guide au quotidien. Récemment, j’ai réalisé que cette force intérieure avait de réels effets sur mes proches.
Si je poussais l’analyse jusqu’à m’allonger totalement sur le divan, j’ajouterais ceci : la blogothérapie aura duré quatre ans, arrivée à ce stade de l’introspection je crois simplement avoir fait un rejet. Tentative concluante de prendre de la distance par rapport à la relation entretenue depuis lors avec mon blog. J’ai coupé le cordon électrombilical, j’ai laissé cette force me guider pour avancer, le temps pour moi de prendre en main ce qui trop souvent ici, a fait les grands sujets de mes tirades mélodramatiques. J’ai vécu davantage d’expériences, répondu à certaines des questions que je me posais, si bien que j’avais presque oublié que je pouvais tout confier -pour ne pas dire confesser- à mon journal extime. A présent, j’espère simplement que ceci signe mon retour du côté de chez moi, un changement de cap annoncé. Pour moi, une nouvelle page se tourne et s’écrit désormais ici.






Jyuza 14 février
Ça s’appelle ‘la vie’, tout ça j’ai envie de dire. Si toute seule, tu arrives à prendre le recul nécessaire pour te ‘regarder’ et surtout te dire ‘maintenant j’ai ce qu’il faut pour avancer, ALORS j’avance’, t’as compris plus de la moitié de la chose.
« (…) Pour moi, une nouvelle page se tourne et s’écrit désormais ici. », garde simplement à l’esprit que rien n’est immuable…
judesbois 15 février
Grand plaisir de te relire sur cette page qui était restée si longtemps en jachère. Ca commençait à sentir le vieux grenier ici !
Quelle bouffée d’air frais!
Pour avoir été un des témoins privilégiés de ta blogothérapie, ce n’est pas sans émotions que je te lis couper le lien « électromibilical »… A bientôt de te revoir ma chère Zaza, et en attendant que te demeure intacte cette sérénité et cette joie de vivre.
et des bisous avec ça !
ZaZa 3 mars
Merci pour vos encouragements, revenir n’est pas chose facile.
J’espère que vous apprécierez encore ce que vous pourrez lire du côté de chez moi…
A bientot, bises
Zazement souriante
Princessa 26 avril
Salut Lady,
je suis très heureuse de revoir vos nouvelles sur ta page.
A chaque fois, j’ouvrais ton blog je me demandais ou sont tes postes.
Ca fait longtemps que je n’ai pas lu du fran¢ais:p s’il te plait rejoins-nous et ne quittes plus.
Welcome back Zaza:)
ludovique 28 juin
tu m’a beaucoup manqué… je n’étais spa revenu ici depuis des mois en me disant que tu nous avais oublié même si cela me paraissait improbable… ne nous quitte plus… tu me manques ma zaza